Sylvie Gentil : le Prix Fu Lei est une initiative fantastique (INTERVIEW)

11-28-2016 09:17

Par SHANG Xu et CHEN Junxia

BEIJING, 26 novembre (Xinhua) -- "Le Prix Fu Lei, c'est une initiative assez fantastique", a estimé Sylvie Gentil, traductrice française et présidente du jury de l'édition 2016 du Prix Fu Lei de la traduction et de l'édition, dans une interview exclusive accordée récemment à l'agence de presse Xinhua.

La cérémonie de remise du 8e Prix Fu Lei de la traduction et de l'édition s'est tenue samedi à Beijing. Cette année, le Prix Fu Lei a couronné deux livres traduits du français en chinois et publiés en Chine. Le prix dans la catégorie "Littérature" a été attribué à Jin Jufang pour sa traduction de "L'Acacia", de Claude Simon. Le prix dans la catégorie "Essai" n'a pas été attribué. Enfin, le prix dans la catégorie "Jeune pousse" revient cette année à Zhou Peiqiong pour sa traduction de "Dans les forêts de Sibérie", de Sylvain Tesson.

Sylvie Gentil : le Prix Fu Lei est une initiative fantastique

Sylvie Gentil : le Prix Fu Lei est une initiative fantastique


"Les traducteurs sont encore très mal reconnus en Chine. Le Prix Fu Lei vise à les mettre en valeur, c'est bien, c'est assez important, non seulement parce que ce prix permet d'encourager les traducteurs, mais aussi parce que cela permet de couronner des livres, ce qui peut également encourager un marché énorme", a précisé Mme Gentil.

Créé en 2009 à l'initiative de l'ambassade de France en Chine et en collaboration avec des intellectuels chinois francophones, le Prix Fu Lei de la traduction et de l'édition doit son nom au grand traducteur chinois Fu Lei, qui a rendu accessibles aux lecteurs chinois les œuvres de Balzac, Voltaire ou encore Romain Rolland.

Destiné à promouvoir la traduction littéraire et à encourager la diffusion de la littérature en langue française en Chine, le Prix Fu Lei récompense chaque année les deux meilleures traductions en mandarin dans les catégories "Littérature" et "Essai". Depuis 2013 s'ajoute également un prix "Jeune pousse", créé pour encourager la nouvelle génération de traducteurs.

Cette année, le jury du Prix Fu Lei a sélectionné 12 finalistes parmi plus de 50 livres. Le cru 2016 offre ainsi une grande variété d'ouvrages et permet de mettre la richesse de la littérature et de la pensée françaises à la disposition des lecteurs chinois, selon la présidente du jury.

"On a deux critères pour sélectionner les finalistes, à savoir l'importance du livre dans la littérature française et le niveau de traduction. (...) C'est très difficile de faire un choix. On a donc décidé de sélectionner six finalistes pour chaque catégorie, au lieu de cinq comme les années précédentes", a précisé Mme Gentil. "Tous les ans, c'est difficile de choisir les lauréats", avait-elle déclaré.

Mme Gentil a commencé à étudier le chinois lorsqu'elle était très jeune et connaît très bien la Chine. En tant que traductrice professionnelle, Mme Gentil a traduit au moins une douzaine d'ouvrages chinois, dont le "Clan du sorgho rouge", de Mo Yan, et a sous-titré des films chinois tels que "Terre Jaune", de Chen Kaige. Elle a reçu le Grand prix de traduction de la ville d'Arles (prix Amédée Pichot) pour Bons baisers de Lénine en 2010 et été faite Chevalier de l'Ordre national du Mérite en 2014.

"Le travail de traduction n'est pas toujours facile", a souligné la traductrice. "Bien sûr, on ne traduit bien que ce qu'on aime. Pas forcément? Mais il est vrai que tous les écrivains chinois que j'ai rencontrés ressemblaient pour l'essentiel, chacun à sa manière, beaucoup à leurs oeuvres. Après tout, comment pourrait-on vivre plusieurs mois avec quelqu'un qu'on déteste?".

"Pour faire une bonne traduction, il faut avoir du temps, il faut tout vérifier. Quand on a un doute, il faut toujours vérifier, toujours, toujours tout vérifier au maximum. Mais on n'est pas obligé de demander à l'auteur tout le temps, on peut aussi demander à des amis", a-t-elle expliqué.

"La traduction est un moyen de transmettre, de se comprendre, de faire avancer à la fois les idées et la manière d'écrire", a ajouté Mme Gentil. "C'est très simple : quand on lit un texte qu'on aime, on a envie que d'autres gens puissent le lire".

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Rédacteur:Jin Wensi |  Source:
French.xinhuanet.com
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