Les chansons de l´ethnie She

Source: CCTV.com | 09-13-2009 10:56

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C’est une ethnie qui a toujours vécue en chansons, des chansons qui puisent leur inspiration dans le fleuve de l’histoire.

Quelles difficultés ces chansons ont-elles traversées? Quelle est leur histoire?

C’est une ethnie qui a toujours vécue en chansons, des chansons qui puisent leur inspiration dans le fleuve de l’histoire.

Quelles difficultés ces chansons ont-elles traversées? Quelle est leur histoire?

Je vous propose aujourd’hui de découvrir l’ethnie She, l’une des 56 ethnies nationales de Chine, en suivant notre émission.

Cette chanson « Gaohuangge » est une œuvre représentative de M. Zhong Xueji, le « Roi des chansons She ». Lorsqu’en 2006, les chansons de geste et les chants folkloriques de l’ethnie She ont été inscrits au Patrimoine Immatériel de l’Humanité de l’UNESCO, le village de Bailukeng de la ville-préfecture de Ningde, dans l’est de la province du Fujian, a attiré l’attention du monde entier. Nous sommes ici dans le pays natal de Zhong Xueji, le créateur de la chanson de geste.

Ce petit village abrite la plus importante communauté She dans l’est du Fujian. La plupart de ses habitants portent les noms de Zhong, Lei ou Lan.

Zhong Xueji est né pendant le règne de l’empereur Xianfeng de la dynastie des Qing, dans une famille d’intellectuels. Durant son enfance, il s’est montré très assidu dans ses études puis, à l’âge adulte, est devenu enseignant. Il a inventé, à partir des romans et des récits de conteurs hans, les « Pingshu », soit les chansons de geste de l’ethnie She. Nombre de ces chants sont entonnés aujourd’hui encore dans les provinces du Fujian et du Zhejiang, des régions peuplées de She.

Dans le village de Bailukeng, nous avons retrouvé un descendant de Zhong Xueji, Zhong Changyao. M. Zhong, âgé de 75 ans, a appris à interpréter les chansons des She dès sa plus tendre enfance.

En 1899, Zhong Xueji et quelques membres âgés de l’ethnie She ont fondé une association de compatriotes She, « Sanmin », destinée à renforcer les liens au sein de l’ethnie She. C’était alors la seule association dans le Fujian et le Zhejiang et elle a ainsi fortement contribué au renforcement des échanges culturels. C’était parallèlement un lieu de diffusion des chansons de geste. A cette époque, on disait que « Là où habitent les She, résonnent les chansons de Zhong Xueji », ce qui a valu à ce dernier d’être surnommé le « Roi des chansons She ».

Dans le village de Bailukeng, le pays natal de Zhong Xueji, tout le monde connaît les chansons She. Ils chantent en travaillant, en se reposant et même pour se faire la cour.

Leurs chants racontent leur histoire, parlent de la morale, et de leurs ancêtres. Leur joie et leur chagrin, leur amour et leur haine, leurs prières pour l’union et la paix, leur résistance à l’oppression, tous s’expriment dans les chansons. Le chant fait partie de la vie quotidienne des She. Beaucoup de familles possèdent des recueils de chansons et les transmettent de génération en génération.

Les She se nomment eux-mêmes « Shanha », c’est-à-dire les invités de la montagne. Il y a longtemps, sous les dynasties Sui et Tang, ils vivaient dans les provinces du Fujian, du Zhejiang et du Jiangxi. Sous la dynastie des Ming, ils se sont déplacés en masse vers l’Est du Fujian. Aujourd’hui, 90% des She résident dans les régions montagneuses dans l’Est de la province du Fujian et du Sud du Zhejiang. Les She possèdent leur propre langue, mais pas leur propre écriture. La chanson constitue ainsi le vecteur le plus important d’expression et de transmission de la culture de leur ethnie. Un recueil de leurs chants serait ainsi un récit de l’histoire des She. Tout au long de son histoire et à travers les épreuves, ces chants ont accompagné l’ethnie She, c’est pourquoi les villages She sont aujourd’hui appelés « océans de chansons ».

Aujourd’hui, le 3ème jour du 3ème mois du calendrier lunaire, la fête du « riz noir » coïncide avec le festival de la Chanson, une fête traditionnelle des She. En ce jour, les She partent en excursion pour ramasser des feuilles de Wuren. C’est avec ces feuilles que l’on prépare ensuite du « Wufan », du riz noir, en guise d’offrande aux ancêtres. C’est donc ce que va faire l’épouse de M. Zhong ce matin. Cette fête est dérivée d’une légende datant de la dynastie des Tang. Le héros de l’ethnie She, Lei Wanxing, organisa la résistance de son peuple face à l’oppression du souverain de l’époque. Confronté aux armées du gouvernement, il fut rapidement encerclé dans la montagne. N’ayant rien d’autre à manger, les soldats ne survécurent que grâce aux fruits d’une plante, le Wuren. Ils réussirent finalement à briser cet encerclement et sortirent victorieux du combat. Le lendemain, Lei Wanxing eut l’envie de manger ces fruits et demanda à ses soldats d’aller en cueillir. Mais comme ce n’était pas encore la saison, ils ne trouvèrent que des feuilles sur l’arbre du Wuren. Ils décidèrent alors de les cueillir et préparèrent du riz avec les feuilles. A la surprise de tous, ce riz fut très bon. Lei Wanxing fut donc très content et décida d’en manger tous les 3ème jours du 3ème mois du calendrier lunaire. Cette tradition s’est conservée et ce jour est ainsi devenu une fête importante des She, une occasion d’honorer la mémoire de leur héros et d’offrir des sacrifices aux ancêtres.

Lorsque l’on rentre de la montagne, il est presque midi. Pour préparer du riz noir, il faut d’abord broyer les feuilles de wuren. Bien que l’épouse de M. Zhong ait déjà plus de 70 ans, elle veut quand même préparer du riz elle-même ; c’est certainement parce qu’aujourd’hui est un jour très important.

Elle enveloppe les feuilles broyées dans une gaze et presse la boule jusqu’à obtenir un jus noir. Le riz est ensuite mélangé avec ce jus jusqu’à ce qu’il prenne la même couleur. Enfin, le riz est cuit avec du gras de porc et du sucre dans un tonneau en bois.

Après une bonne matinée, le riz noir est enfin prêt. Une fois cuit, la bonne odeur du riz vient vous chatouyer les narines. Et le goût est très agréable.

Ce midi, une grande chanteuse du village, Lei Yuanjie, est l’invitée de M. Zhong. Elle est connue pour sa mélodie dite « Ai lu », un art qui se fait de plus en plus rare à présent.

La fête du riz noir est une célébration importante pour toutes les familles She qui préparent chacune un repas copieux. Les gens se réunissent à cette occasion pour discuter des techniques de chant et renforcer leurs liens. Lei Yuanjie n’habite pas loin de chez M. Zhong. Elle vient souvent lui rendre visite. Les deux chantent chacun à leur tour et échangent leurs pensées sur le chant. En ce jour de fête, elle a voulu chanter une chanson pour tout le monde et mettre une peu d’ambiance.