Nord-ouest du Sichuan(2)

Source: CCTV.com | 09-15-2009 11:11

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Bonjour, bienvenue sur Carnet de route. Je me trouve actuellement à 5000 mètres au-dessus du niveau de la mer. J’ai du mal à respirer, j'ai mal à la tête et il fait très froid. C'est en fait ici le plus haut sommet entre le Sichuan et le Tibet. Nous allons poursuivre notre voyage avec la visite de Dege, qui est l'un des berceaux de la culture tibétaine. Ouh, … laissez-moi reprendre mon souffle. C’est un voyage que vous ne pouvez manquer sous aucun prétexte.

animatrice: Yin Chen

préfecture autonome tibétaine de Ganzi

Notre voyage avait commencé à Chengdu, la capitale du Sichuan, et nous avions atteint l’ouest de la région, vers la Région autonome tibétaine de Ganzi. Dans cette édition, nous continuons notre trajet sur la grande voie qui relie le Sichuan au Tibet. Notre destination du jour, Dege - le pays de la générosité en tibétain - est, avec Lhassa au Tibet et Xiahe dans le Gansu, l'un des trois berceaux de la culture tibétaine.

La grande voie qui relie le Tibet au Sichuan va de Chengdu à Lhassa. Elle s’étend sur 2000 kilomètres, traversant toutes sortes de terrains accidentés. Le tronçon de route qui se trouve au nord est particulièrement difficile, les conditions climatiques sont très rudes….Mais l’on est récompensé par un paysage magnifique.

Nous avons voyagé en voiture, mais certains choisissent de se rendre à Lhassa par leur propre moyen... Ils lèvent les mains au ciel puis s'agenouillent et se couchent à même le sol. Ils répètent sans cesse ce même geste chaque jour. Ce pèlerinage peut durer des mois avant d’atteindre finalement Lhassa.

Ce sont des pratiques spirituelles qui les rapprochent de l’éveil selon la religion bouddhiste.

L'endroit le plus célèbre de Dege est son imprimerie artisanale, construite en 1729. Tous les jours, les gens d’ici tournent autour de l'édifice un nombre incalculable de fois. Ce rituel marque le début de leur journée, il faut penser en effet que la religion ici rythme toutes les étapes de leur vie quotidienne.

Les oeuvres que l'on trouve à Dege constituent plus de 70% de l'héritage littéraire tibétain. A l’intérieur, les plaques gravées sont entreposées dans les allées sombres, elles servent de modèles pour les impressions des textes.

Cet endroit est impressionnant. Cette imprimerie possède une des collections la plus complète et la plus importante d’écritures sacrées. Mais c’est trop sombre, on ne voit pas très bien.

On raconte deux légendes au sujet de l'origine de l'imprimerie artisanale de Dege. La première relate qu'un jour, au coucher du soleil, un dirigeant aurait entendu des enfants chanter près de sa maison et aurait décidé d'imprimer des livres pour eux. La deuxième légende raconte l'histoire d'un homme qui aurait renversé la moitié de sa cargaison d'assiettes décorées qu'il transportait à dos de yack. C'est à cet endroit qu’a été construite l'imprimerie.

Le bâtiment principal s’élève sur quatre étages. C'est au dernier étage que sont imprimés les livres. Les employés travaillent très vite, de façon presque mécanique.

L'encre utilisée est de couleur rouge ou noire suivant le type d'écriture. L'encre rouge est composée à l'aide d'herbes médicinales : grâce à cette encre légèrement toxique les livres sont protégés des dommages causés par les souris ou les mites…

Les écritures sont aussi imprimées sur du tissu, qui forment ainsi des sortes de drapeaux de prières. On y imprime des motifs traditionnels, des prières et des images qui sont utilisés depuis toujours et transmis de générations en générations.

Ces drapeaux sont accrochés à l'extérieur des maisons. Pour moi, rien n’est plus beau que ces magnifiques carrés de tissus qui volent dans le vent et dansent à la lumière.