Le Tibet était un système féodal avant sa libération dans les années 50. Les femmes tibétaines étaient alors celles qui supportaient les plus lourdes taches, mais qui étaient reléguées au statut social le plus bas. Selon la loi de l'ancien gouvernement local tibétain: « les femmes n'ont aucun droit de discuter des affaires de l'état » et « ni les femmes ni les esclaves n'ont le droit de s'engager dans les affaires militaires ou politiques ». elles tissaient des vêtements aux couleurs vives, mais elle étaient forcées de porter des haillons. Elles élevaient leurs enfants, mais elles n'avaient aucun accès à l'éducation: elles ne savaient ni lire ni écrire.
De nombreux changements sont survenus après 1959. Depuis lors, les femmes tibétaines ont pu choisir leur futur. Elles ont prouvé qu'elles étaient capables de mener de brillantes carrières comme celle de professeur, écrivain, juge, avocat, guide touristique, dirigeant, chanteur, danseur, économiste ou ingénieur.
Cedain Zhoima a été le témoin de ces changements radicaux. Elle est née dans une famille d'esclave puis elle a été libérée pour devenir une chanteuse tibétaine très célèbre.
Je suis née dans l'ancien Tibet. À cette époque le statut social des femmes était très bas. Que cela soit dans les campagnes ou dans les villes. On confiait aux femmes toutes sortes de travaux, les femmes tibétaines sont douées et travaillent dur. Je l'ai toujours su.
Le changement vécu par le Tibet a été vraiment radical. J'ai même du mal à le reconnaître. Je viens de Shigatse. J'y retourne tous les deux ou trois ans. Et à chaque fois, je suis surprise par les modifications.
Ici les femmes forment le pilier de la nationalité tibétaine. Elles préservent les traditions, ce sont des mères, des bergères. Mais elles s'impliquent aussi dans l'art, et leurs regards portent vers l'avenir, pour se faire une nouvelle place dans la société.
Nous voici chez Baigyi. Elle fut une danseuse tibétaine très célèbre. Elle a dû arrêter les spectacles et regrette beaucoup son passé glorieux.
Baigyi est née dans une famille où la pratique de la danse se transmet depuis des générations, elle a suivi cette passion dès l'enfance. En 1977, elle a la chance d'aller étudier dans l'Ecole de danse de Beijing. Elle a suivi là un entraînement rigoureux et a réussi avec succès ses examens.
Une fois sortie de l'Ecole, on lui propose de travailler avec la troupe nationale de chants et de danse de Chine à Beijing, mais elle préfère rentrer au Tibet. Par la suite, elle a travaillé avec la troupe de danse et de chants du Tibet. Elle a montré un grand talent pour la danse, et elle a gagné bien des récompenses dans des compétitions locales et nationales.
Baigyi me montre les mouvements de base de la danse traditionnelle tibétaine. Tout le monde pratique cette danse. Cela semble très simple, mais il faut bien contrôler ses pas. Je suis un peu essoufflée, en partie en raison de l'altitude. C'est une excuse...c'est une très belle danse, très féminine, très subtile, comme les femmes ici.
De toute ma carrière de danseuse, l'événement que je ne peux oublier est celui de 1997. j'aurai du danser sur scène en solo. Mais en raison de problèmes cardiaques, j'ai dû abandonner ma carrière de danseuse. Je voulais consacrer ma vie à la danse. Donc en 1997 j'ai mis en place ce spectacle, mais à cause de ma maladie j'ai du annuler. Je voulais faire ce spectacle de danse en solo pour le public qui me soutenait, mais je n'ai pas pu réaliser ce rêve, malheureusement.
Mais je n'ai jamais regretté d'avoir choisi la danse. Les Tibétains sont très chaleureux et gentils. Quand je dansais sur scène, que j'entendais leur applaudissement et que je voyais leurs yeux briller d'enthousiasme, j'étais très heureuse. Surtout quand je dansais dans les zones rurales ou pour l'armée, j'aurai voulu danser plus souvent pour eux. Leur intérêt pour les arts traditionnels était immense.
Bien qu'elle ne danse plus devant un public, Baigyi ne reste jamais loin de la scène, elle est maintenant chorégraphe pour la troupe de danse et de chants du Tibet. On la voit chez elle en train de composer de nouveaux pas de danse.
C'est récemment que Baigyi a été désignée comme chorégraphe en chef pour le spectacle de danse qui commémorera le 40ème anniversaire de la région autonome du Tibet. Nous la voyons ici choisir la musique d'accompagnement avec l'ingénieur du son.
Afin de transmettre au mieux son savoir sur la danse qu'elle a acquis au cours des ces 30 années de carrière , elle a ajouté à son répertoire le rôle de professeur et enseigne aux jeunes danseurs tibétains. Son plus grand souhait est de développer et préserver la danse tibétaine.
Le Tibet change vraiment très vite, en particulier pour les femmes et le travail. Les femmes exercent des professions autrefois réservées aux hommes. Nous sommes avec Qiumei qui travaille...je dois lire parce que j'ai du mal à retenir. À L'institut tibétain d'élevage et de science vétérinaire, et elle travaille avec l'institut Tibétain agricole et zoologique Voilà, je me souvenais plus.