- Ça fait combien 6+8-7+6+6 ?
- 18.
- 21.
- Désolé, je n’en ai aucune idée.
- ‘Zhu xin suan’ est-ce que c’est quelque chose qui se mange ?
- Je ne peux vraiment pas calculer si vite. Je n’ai jamais fait de calcul mental.
- Ça fait combien 6+8-7+6+6 ?
- Ça fait 18.
- 18.
- Ça fait 18.
- Ça fait 18.
Eve Bower Journaliste
Je suis en chemin pour me rendre dans une école maternelle privée de Shanghai dans laquelle les frais d’écolage s’élèvent à quelque 2’000 dollars par année, ce qui, comparé au niveau de vie des Chinois représente une somme phénoménale. Mais dans les villes chinoises, la plupart des familles n’ont qu’un enfant et pour garantir à cet enfant unique une excellente éducation, beaucoup sont prêts à de grands sacrifices. Depuis quelque temps, des écoles privées s’ouvrent dans la Chine entière et, reprenant un proverbe, les Chinois eux-mêmes comparent le phénomène à un parterre de pousses de bambous surgissant après la pluie.
Dans cette édition d’Objectif Chine, nous allons analyser ce phénomène et l’évolution du système éducatif en Chine.
Le matin, chez Mo Fan
Dans les années 90, est apparu en Chine un important phénomène, celui des supers enfants. Un phénomène qui depuis continue à gagner en intensité si ce n’est en nombre. La politique de l’enfant unique a contribué à garantir aux familles des revenus plus importants et un accroissement considérable du bien-être. A partir de là, il est facile d’imaginer comment des générations entières d’enfants ont été choyés et gâtés.
Peter Mo est l’un de ces supers enfants et figure même parmi les meilleurs élèves en arithmétique. En chinois, il s’appelle Mo Fan, mais dans son école maternelle, la « New Century Garden » à Shanghaï, tous les enfants ont un prénom anglais. Agé de 6 ans, Mo Fan parle mandarin et le diaclecte de Shanghai, sa langue maternelle. Mais c’est en anglais qu’il répond à tous les problèmes de calcul posés par son professeur. Et il est beaucoup plus rapide qu’un bon nombre de lycéens.
Tous les matins, après avoir pris son petit déjeuner, il monte dans la voiture qui le conduira à l’école. Ce n’est qu’une fois qu’ils l’ont conduit à l’école, que ses parents vont aller chacun de leur côté au travail.
Elève brillant en calcul mental
- Si tu désires un objet particulier, est-ce que tes parents vont forcément te l’acheter ?
- Parfois ils vont me l’acheter et parfois non.
- Quelles sont les circonstances dans lesquelles il ne te l’achèteront pas ?
- Quand je ne me comporte pas bien.
- As-tu beaucoup de jouets à la maison ?
- Oui, beaucoup.
- Combien ?
- Beaucoup. Je ne peux pas les compter.
- Mes parents vont décider en fonction de mon comportement.
- Et, si tu ne te comportes pas bien ?
- Alors, ils ne vont pas me l’acheter. Et s’ils ne l’achètent pas, ce n’est pas grave.
Au début de l’émission, nous vous demandions de faire un petit calcul mental : le total de 6 + 8 – 7 + 6 + 5. Si vraiment vous avez obtenu la bonne réponse, c’est-à-dire 18, et que vous n’avez pas eu besoin de calculer chiffre après chiffre, vous appartenez déjà à une minorité. Et si vous auriez pu le faire dans une langue étrangère, alors vous êtes l’égal de Mo Fan.
Des symboles de modernisation se dressent partout en Chine, au point de nous faire oublier ce qui représente sans doute l’indicateur de changement le plus important et la ressource la plus précieuse à savoir, la relève du pays, une nouvelle génération de supers enfants.
- question suivante : 3 + 5 – 4 + 1, ça fait ?
- 5.
- Bien. Très bien.