Aujourd'hui, l'avion est le moyen de transport le plus répandu pour se déplacer d'un pays à l'autre. De cette réalité découle le fait que tous les jours se croisent dans les aéroports des gens de toutes les couleurs, s’exprimant dans toutes sortes de langues. Parmi eux, il n'est pas rare de rencontrer des couples mixtes, des couples qui se séparent, d'autres qui viennent d'arriver et se retrouvent.
En Chine, avant l’introduction de la politique d'ouverture, les contacts avec le monde extérieur étaient très rares et si un étranger était vu en train de se promener avec un Chinois cela provoquait inmanquablement un attroupement de curieux. Au fur et à mesure de l’introduction des réformes, des couples internationaux se rencontrent de plus en plus fréquemment. En fait, à travers le monde, les couples mixtes sont monnaie courante et n'attirent pas d'attention particulière.
Certains prétendent et cela est de plus en plus vrai, que le monde n’est qu’une grande famille et que les frontières ne marquent pas, et de loin, les différences les plus importantes. Ce qui est certain, c’est que l'amour ne connaît aucune frontière.
Depuis l’introduction des réformes d’ouverture, à la fin des années 80, de plus en plus de Chinois sont allés à l’étranger, pour travailler, étudier, voyager. Pour les mêmes raisons, un nombre de plus en plus importants d’étrangers vient en Chine. Suivant cette tendance, les mariages mixtes deviennent toujours plus naturels. En ce qui me concerne, c’est en 2001, alors que j’étais étudiante à Beijing que j’ai rencontré l’homme chinois qui depuis est devenu mon mari. Dans cette édition d’Objectif Chine, nous allons nous pencher sur ce phénomène, qui me tient tout particulièrement à cœur.
- J’ai une petite amie qui est japonaise.
- Auriez-vous envie d’épouser une étrangère ?
- Oui, je trouve que les jeunes étrangères sont très jolies.
- Les mariages mixtes ? Oh, je pense que c’est très bien, cela rapprochent les gens.
- Je pense que c’est très bien d’élever des enfants dans des cultures différentes, avec deux langues. Ils ne seront ainsi pas conditionnés par une unique manière de voir, ils seront plus ouverts sur le monde.
- Je pense que c’est tout à fait normal, très banal. Il n’y a là rien d’étrange.
- Les différences culturelles ne peuvent qu’être bénéfiques, permettent de mener une vie plus intéressante. Ce qui importe, c’est le sentiment amoureux.
- Si deux personnes s’entendent bien, sont heureuses, Une fois mariées, elles seront aussi bien ensemble.
Chen Guanyao Député Ministère des affaires civiles
Le phénomène des mariages mixtes est en soi assez banal. Nos relations avec les étrangers ont progressé en parallèle de l’ouverture diplomatique de la Chine et l’entrée du pays dans l’OMC. Jusque dans les années 80, elles étaient relativement rare. En 1988, on compte quelque 800 mariages mixtes, 2'500 en 1989, 7'600 en 1993. En 2'000, on dénombre 19'000 couples. En 2003, plus de 26'000 mariages mixtes ont été célébrés.
Yangshuo, une petite localité qui se situe près de Guilin, est célèbre pour ses paysages magnifiques mais aussi pour sa rue de l’Ouest, une rue bordée de bars et qui est parfois aussi désignée par l’appellation « rue des étrangers », un nom qui vient du fait que de nombreux étrangers, tombés sous le charme de ces superbes paysages prolongent leur séjour ici. Dans cette rue, les enseignes sont à tout le moins en chinois et en anglais mais comportent parfois aussi d’autres langues. Presque chacune des personnes qui travaillent ici est à même de parler quelques mots d’anglais. C’est peut-être pour cela qu’on prétend que c’est à Yangshuo que le taux des mariages mixtes est le plus élevé de toute la Chine.
Rue de l’Ouest
Dans ce couple, l’homme est un Australien qui se prénomme Alf. La femme est une autochtone qui s’appelle Mingfang. Ils sont connus dans la rue comme un couple modèle qui parvient à concilier vie privée et vie professionnelle puisqu’ils gèrent ensemble le Buffalo Bar. La qualité de leur travail, le soin qu’ils portent aux détails contribuent au succès de ce bar qui ne désemplit pas. Ils sont aussi connus pour une autre œuvre commune, James, un jeune garçon de 11 mois. Lorsqu’on leur demande ce qui les a attirés l’un vers l’autre, Alf mentionne leurs intérêts communs. Ils aiment tous les deux voyager, la vie en général.
Alf Australie / Jiang Mingfang Chine
- Qu’est-ce qui vous a tout d’abord attiré l’un vers l’autre ?
- C’est sa beauté qui m’a d’abord séduit . Je l’ai vue arriver dans un restaurant et j’ai essayé d’attirer son attention, les quelques premières tentatives ont été infructueuses.
- Et vous, qu’avez-vous pensé ?
- Rien, j’ai trouvé qu’il n’avait rien de particulier.
- Rien de particulier ?
- Oui, c’est toi qui pense que tu es particulier. Tu es comme ton fils.
Le passe-temps favori de leur fils s’est de s’amuser dans l’eau. Comme ils habitent tout près de la rivière Li, presque tous les jours, l’un ou l’autre, ou les deux, va amener l’enfant au bord de l’eau. Alf lui a même acheté une bouée et lui apprend à nager dans la baignoire.
Quand on leur demande dans quelle langue il prononcera ses premiers mots, Mingfang est catégorique pour affirmer que ce sera en chinois car l’enfant passe beaucoup de temps avec sa mère et sa grand-mère. En plus de l’anglais, Alf lui apprend aussi l’espagnol. Il plaisante en disant que c’est une sorte de territoire masculin, une complicité que seuls Alf et son fils peuvent partager. Même si James ne parle pas encore, il sait déjà que lorsque ses parents ne sont pas contents, il peut quand même leur arracher un sourire.
Alf Australie / Jiang Mingfang Chine
- Que s’est-il passé quand vous avez appelé vos parents pour leur dire que vous aviez rencontré un homme ?
- Ma mère m'a demandé s'il était chinois ou étranger et quand je lui ai répondu qu'il était étranger, elle m'a dit que je ne pouvais pas épouser un étranger, qu'il allait se jouer de moi.
- Avez-vous été inquiétée par la réaction de votre mère ?
- Non, je savais que je voulais vivre cette histoire.