Il y a presque 10.000 portes ou entrées dans la Cité interdite. Aujourd’hui, certaines sont ouvertes le matin aux milliers de visiteurs qui visitent cet endroit extraordinaire. Mais, par le passé, seuls les princes et les officiels de haut rang pouvaient les emprunter.
Le premier jour du onzième mois de l’année lunaire, en 1861, la Chine fut, pour la première fois, gouvernée de « derrière le rideau ».
Au centre de la Cité Interdite légèrement à l’ouest se trouve le Hall de la Méditation, un des palais les plus mystérieux. Sous le règne de l’empereur Yongzheng de la dynastie Qing, ce palais était devenu le centre politique de la Chine.
Le jour avant le début du règne de "derrière le rideau", Mianyu, prince de Hui, reçut un édit impérial qui lui épargnait l’obligation d’être présent aux rituels de la cour. La raison invoquée était que Mianyu occupait la place la plus importante dans la hiérarchie de la famille impériale. Il se demandait pourtant quelle différence il pouvait y avoir entre le système de gouvernement familial ancestral et le gouvernement de « derrière le rideau » ?
A partir de la dynastie Ming, tous les empereurs de Chine tinrent leurs audiences de la même façon. Cette cérémonie était appelée « audience à la porte impériale » ou « audience dans le pavillon impérial ».
La Cité interdite est divisée en deux parties par la place située devant le Pavillon de la Pureté céleste : la Cour extérieure et la Cour intérieure. Les empereurs de la dynastie Ming réglaient leurs affaires quotidiennes dans la Cour extérieure tandis que les empereurs de la dynastie Qing le faisaient dans la Cour intérieure.
Sous la dynastie Ming, les fonctionnaires qui venaient du sud et de l’est de la ville passaient d’abord par la Porte du Midi et traversaient les Ponts aux Eaux dorées jusqu’à la Porte de la Suprématie impériale (Huangji), aujourd’hui appelée la Porte de l’Harmonie suprême. L’empereur parcourait une distance de quelque 500 mètres : du Palais de la Pureté céleste jusqu’au Hall de la Suprématie impériale ou à la Porte de la Suprématie impériale.
Sous la dynastie Qing, les fonctionnaires entraient dans la Cité interdite par la Porte de la Chine orientale et passaient par la Porte des Paysages Heureux avant d’atteindre la Porte de la Pureté céleste. Pour l’empereur cela ne représentait plus qu’une distance de 50 mètres du Hall de la Pureté céleste jusqu’à la Porte de la Pureté céleste.
Sous la dynastie Qing, le bureau de l’empereur fut transféré de la Cour extérieure à la Cour intérieure, ce changement modifia le système politique établi 500 ans auparavant, au début de la dynastie Ming .
Selon les Compilations des règlements d’Etat de la dynastie Ming, lorsque l’empereur tenait audience le matin, les ministres devaient se lever à minuit et traversaient ensuite la moitié de la capitale pour atteindre la Porte du Midi. Tous les ministres devaient attendre devant la Porte du Midi à partir de trois heures du matin.
Lorsque le tambour dans la Tour de la Porte du Midi résonnait, les ministres devaient s’aligner.
La porte s’ouvrait lorsque la cloche sonnait.
Les fonctionnaires entraient dans le palais à tour de rôle et traversaient les Ponts aux Eaux dorées jusqu’à la place où ils s'installaient en fonction de leur rang.
Les superviseurs de la cour relevaient les noms de ceux qui toussaient, crachaient ou ne marchaient pas droit : ils étaient ensuite punis pour leur mauvais comportement.
Lorsque l’empereur parvenait à la porte ou au Hall de l’Harmonie suprême, tous les fonctionnaires devaient s’agenouiller une fois et toucher le sol avec la tête par trois fois. Seuls les fonctionnaires civils du 4ème degré et au-dessus avaient la possibilité de parler à l’empereur. Muni des rapports sur les affaires de l’Etat, ces ministres devaient se présenter devant l’empereur qui leur posait des questions auxquelles ils devaient répondre.
A la fin de l’automne 1498, un incendie éclata dans le palais. A cause de cet événement, l’empereur Hongzhi n’avait pas pu dormir de la nuit. Il demanda donc à ses ministres de ne pas tenir audience ce jour-là comme il était de coutume à l’époque . Une décennie plus tard, l’empereur Zhengde n’informait même plus les officiels s’il ne tenait pas audience. Les ministres attendaient parfois toute la journée avant qu’on leur dise au crépuscule : « Il n’y a pas d’audience aujourd’hui. » Après cette annonce, affamés et assoiffés, ils se ruaient chez eux, provoquant un grand désordre à la Porte du Midi. Un jour, un général fut piétiné et mourut devant la porte.
Il n’était pas rare que les empereurs négligent les affaires de l’Etat. A la fin de la dynastie Ming, sous le règne de l’empereur Wanli , les ministres ne le virent pas à la cour pendant plus de 20 ans.
Sous la dynastie Ming, certains empereurs ne tenaient pas audience et se fiaient à leurs ministres pour traiter les affaires de l’Etat selon un ensemble de procédures prédéterminées, de sorte que la machine étatique pouvait continuer à fonctionner avec ou sans les directives de l’empereur. Sous la dynastie Qing, la situation était sensiblement différente. Le rôle d’un ministre était simplement de recevoir les ordres et de courir les transmettre, l’empereur s’occupant pratiquement de tout lui-même. La plupart des empereurs de cette dynastie suivaient de près les affaires de l’Etat.
Les magasins qui vendaient des objets d’art près de la Porte de la Pureté céleste étaient appelés Jiuqing Fang (maisons pour les neufs niveaux de fonctionnaires). C’est là que les ministres de la dynastie Qing attendaient les audiences de la cour. Le premier jour du onzième mois de l’année lunaire 1861, Mianyu et les ministres attendaient à cet endroit pour rencontrer le nouveau dirigeant de « derrière le rideau ».
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