Dans le Musée du Palais, le quartier Nansansuo est l'endroit où les princes Qing vivaient et étudiaient. Aujourd'hui, il abrite le Département des Antiquités du musée.
Geng Baochang a travaillé dans le Musée du Palais pendant près d'un demi-siècle. Sa principale tâche était d'étudier, d'évaluer et de conserver les céramiques.
A une époque, on ne trouvait les porcelaines qu'en Chine. Les Chinois peuvent être fiers d'en avoir inventé le procédé de fabrication et d'avoir produit des objets aussi forts que le feu, aussi élégants que l'eau et aussi vrais que la terre.
Les Chinois ont mis en valeur leur intelligence et leur esprit pour transformer de la simple glaise en objets d'art.
A l'époque de l'impératrice Wu Zhetian sous les Tang, les céramiques étaient destinées à recueillir les reliques bouddhistes. A la cour de l’empereur Huizong sous les Song, les porcelaines étaient d’élégants objets de décoration. Kubilay Khan, le premier empereur de la dynastie Yuan, les utilisait comme marchandise commerciale. L'empereur Yongle donnait des porcelaines comme précieux cadeaux aux envoyés étrangers. L’empereur Yongzheng créa même lui-même des objets en porcelaine. Aujourd'hui, les objets en porcelaine font partie de la vie quotidienne des Chinois. On peut entrevoir de précieuses porcelaines dans ce palais qui est le plus grand au monde. Elles font partie du patrimoine culturel de l’Humanité.
Sur le million et demi d'objets repris comme reliques culturelles dans le Musée du Palais, 350.000 sont des porcelaines. Parmi eux, M. Geng Baochang préfère ces deux petites coupes en porcelaine qui ne mesurent pas plus de six centimètres et qui ont été peintes avec des couleurs vives durant le règne de l'empereur Chenghua des Ming. Elles sont parmi les pièces les plus précieuses du Musée du Palais. M.Geng les a vues pour la première fois il y a 70 ans.
Le premier propriétaire de ces coupes fut l'empereur Chenghua.
En 1481, les ministres n'avaient pas vu l'empereur Chenghua à la cour depuis un long moment ; tout le monde savait qu'il passait un moment agréable avec Wan gui fei, sa concubine favorite, dans ses appartements privés de la Cité Interdite. Pour conquérir son cœur, l'empereur demanda aux artisans de Jingdezhen de fabriquer de petites coupes à vin d'une extrême délicatesse. Elles sont appelées : « chicken-cups », car ce sont des coupes à vin ornées de motifs de coqs et de poules. Il n'en existe qu'une douzaine au monde.
Mais les coupes en porcelaine aux couleurs contrastées décorées d’un papillon, d’une orchidée et de végétation sont encore plus rares. On en trouve que deux encore intactes conservées au Musée du Palais. Les érudits les considèrent comme les meilleures coupes à vin au monde.
Voilà plus de 500 années que régnait l'empereur Chenghua, mais certaines des porcelaines appréciées par sa concubine Wan gui fei se trouvent encore dans le palais alors que d'autres furent dispersées aux quatre coins du monde. La plupart des 350.000 porcelaines du palais sont des pièces uniques. Il y a d'ailleurs beaucoup d'histoires sur ces pièces et leurs propriétaires qui vécurent dans ce palais. Ces porcelaines sont devenues des œuvres d'art dont les Chinois sont fiers.
Les lettrés chinois ont toujours apprécié les porcelaines « Miseci » (un type de céladon bleu-clair) avec leur sensation de jade doux et leur aspect de glace claire comme du cristal précieux et leur couler verte comme dans les plus beaux paysages.
Ceux-ci sont les plus anciens vases en porcelaine conservés dans les collections du Musée du Palais. Il y avait beaucoup d'histoires sur ces vases : des doutes sur leur authenticité, des questions sur leur origine ou sur leur dénomination. Personne n'avait réussi à les résoudre. Le débat fut clos lorsqu'on découvrit en 1987 treize porcelaines « Miseci » dans le palais souterrain du temple Famen dans la province du Shaanxi. Depuis la fondation de la République populaire de Chine, le Musée du Palais n'a acheté que trois exemples de ces porcelaines. Même les empereurs des Ming et des Qing en trouvaient avec difficulté. L'empereur Qianlong composa un poème à leur sujet: "les objets fabriqués dans le four Yue sous la dynastie Tang sont difficiles à trouver et les céramiques fabriquées dans les fours officiels de la dynastie des Song du Nord ne se trouvent que dans le ciel."
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